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France Info se penche sur "les maisons Borloo" et interroge Armor Habitat

Mise à jour : 22/01/2008

Il y a deux ans, Jean-Louis Borloo promettait 20.000 à 30.000 maisons à 100.000 euros par an. Il y en a aujourd’hui... quatre en France ! Le pavillon bon marché se heurte en partie au prix des terrains, un frein largement sous-estimé. Enquête exclusive de France Info, en trois parties :

  • De la fameuse idée à l’idée “fumeuse”
La maison à 100.000 euros, promise à l’automne 2005 par Jean-Louis Borloo (alors ministre de l’Emploi et de la Cohésion sociale), peine à voir le jour. La faute à la flambée des matières premières, à la frilosité des municipalités (surtout à gauche), au manque d’intérêt des promoteurs et surtout au prix du foncier non bâti (les terrains). Fin 2007, les constructeurs en avaient livré quatre, toutes à Ploërmel (Morbihan). Et pour 2008, les ambitions restent mesurées, quelque 400 à 500 maisons devraient être livrées, des maisons à... 120.000 euros, selon l’Association des maisons à 100.000 euros, très opportunément rebaptisée Association française d’accession populaire à la propriété (Afap).
  • Entre temps, la flambée des cours des matières premières est passée par là. La hausse des prix des terrains aussi. C’est même le frein principal au décollage du pavillon populaire : trouver des mètres-carrés à prix accessible en périphérie urbaine relève de la mission quasi impossible. Alors, il faut faire preuve d’audace et de créativité.

    Ainsi, à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), la mairie a cédé le terrain constructible pour un euro symbolique. Le Crédit Foncier a imaginé un nouveau mode de financement, le Pass foncier, qui permet l’acquisition différée du terrain : la commune en reste propriétaire pendant 25 ou 30 ans et le loue à prix modique. Une fois la maison remboursée, le propriétaire acquiert sa parcelle.

Pour relancer le projet, il faut donc en premier lieu une sérieuse volonté politique. De la part des municipalités avant tout, alors qu’à gauche ça traîne un peu des pieds. De la part des promoteurs également. Pour conserver leurs marges tout en restant dans le budget (70.000 euros hors terrain), ces derniers ont été tentés de rogner sur la qualité : le plastique remplace le carrelage, du polystyrène à la place de la laine de verre, huisseries, enduits, tuyauterie... tout est réalisé à l’économie. Comme dans les "Chalandonnettes".

  • Le spectre des "Chalandonnettes"

Nous sommes en 1969. Le ministre de l’Equipement, Albin Chalandon, lance la construction de 7.500 pavillons à bas prix, pour passer du HLM au pavillon. Quinze ans plus tard, la justice croule sous les procédures : constructions bas de gamme sur des terrains de mauvaise qualité, entrepreneurs indélicats, cahiers des charges non respectés... Ces maisons de carton prennent l’eau, conservent l’humidité et ne sont pas insonorisées. Les promoteurs ou entrepreneurs contre lesquels les propriétaires se retournent ont, pour la plupart, mis la clé sous la porte.

Une maison à soi pour le prix d’un loyer HLM. Mais pas une maison en carton. Au-delà de l’affichage politique d’une majorité, l’enjeu est de taille pour des centaines de milliers de foyers les plus modestes (qui gagnent l’équivalent de 2 à 2,5 SMIC). Face à l’afflux des demandes (500 dossiers déposés à Epinay-sur-Seine pour 25 maisons), certaines communes envisagent de recourir au tirage au sort pour désigner les heureux élus dans la quête du Graal.

Consulter le dossier web de France Info

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