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Rapport sur la participation des habitants dans les opérations de renouvellement urbain

Mise à jour : 10/05/2003

Auteur : Zaïr KEDADOUCHE, Chargé de Mission à l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS)

Avril 2003 - 91 pages

 

Introduction

Le présent rapport est né en réponse à la mission qui m’a été confiée par Jean-Louis Borloo, Ministre délégué à la Ville et à la Rénovation Urbaine. Il s’agissait d’étudier les pratiques de participation des habitants dans le domaine de la vie urbaine et de lui faire des propositions destinées tant à accroître leur efficacité que de faire connaître les bonnes pratiques, à l’intention notamment des édiles municipaux les plus directement concernés par les opérations de renouvellement urbain.

Pour mener à bien cette mission, nous avons retenu 20 villes françaises, dont les élus appartiennent pour moitié à la majorité et pour moitié à l’opposition parlementaire. Dans chacune de ces villes, dont la liste figure dans l’annexe, un quartier au moins fait partie d’un projet de renouvellement urbain. Nous aurions pu, bien entendu, en choisir des dizaines d’autres, en respectant toujours l’équilibre voulu entre droite et gauche, car aucun autre a priori que celui de faire l’objet d’un projet de renouvellement urbain, n’a guidé notre choix. Nous sommes certains cependant que les pratiques ici et là recensées se retrouvent dans nombre d’autres villes grandes, moyennes ou petites, villes centres ou villes-banlieues et que leurs élus et habitants sauront ne pas nous faire grief de n’être point allé leur rendre visite.

On ne trouvera pas dans ce rapport des règles ou des méthodologies à caractère universel, pas plus que des propositions de normalisation de pratiques de terrain. Plus modestement nous nous sommes attachés, d’abord à écouter et ensuite à comprendre ce que disent des personnes aux statuts divers qui sont quotidiennement confrontées à des problématiques en relation avec la vie en ville, qu’il s’agisse d’opérations urbaines d’envergure ou, plus prosaïquement, de modifications sensibles de leur cadre de vie journalier. Mais pour bien écouter, et surtout bien comprendre, le pourquoi de certaines pratiques, les raisons de tel succès comme de tel échec, les attentes, voire même les revendications des acteurs de terrain, qu’ils soient élus ou fonctionnaires, techniciens de la ville ou simples habitants, nous n’avons pas pu faire l’impasse d’un travail de réflexion sur ce qu’est la participation, dans ses nombreuses acceptions et d’une lecture diachronique de son histoire, notamment dans le domaine des politiques publiques où elle semble s’être le plus longuement développée, c’est-à-dire dans le domaine du logement social. Il ne faut donc pas s’étonner que tout un chapitre lui soit consacré.

Par ailleurs, tout au long de cette mission nous nous sommes interrogés sur ce qui pouvait, ou devait, relever des seules bonnes pratiques locales et sur ce qui devait se traduire sous forme de préconisations ou de propositions concrètes, formalisées. De même, nous nous sommes constamment interrogés pour savoir jusqu’où devions nous situer les limites de notre regard. Fallait-il dans nos préconisations les limiter au strict domaine de responsabilité et de compétences d’un ministre de la ville, ou devions nous aussi faire des suggestions d’ordre plus global, quitte à interférer avec les compétences d’autres départements ministériels ?

Dans toute la mesure du possible, nous avons choisi de rester dans le cadre plus précis des compétences directes du ministre de la ville, sans pour autant nous interdire d’en situer certaines d’entre elles dans un contexte plus général, pour des raisons tant d’efficacité que de logique ou de bon sens. C’est ainsi, par exemple, que nous avons été amenés à parler du droit de vote des étrangers ( nombreux et souvent même, majoritaires dans les sites de rénovation urbaine) car, bien qu’hors du champ de cette mission, cette question ne peut pas être indifférente à une participation et à une implication citadine et citoyenne qui, par ailleurs, leur est fortement demandée. De même, nous n’avons pas pu rester sourds aux critiques nombreuses, toujours pertinentes, quelques fois passionnées, que des acteurs de terrain ont porté sur la difficile lisibilité des pratiques et des conduites des institutions en charge de la politique de la ville, comme sur les relations entre les divers niveaux politiques de décision et d’action. Découvrir le "qui fait quoi" en la matière, semble relever, pour nombre d’acteurs de terrain, d’un jeu de piste épuisant et invalidant.

Enfin, faute de moyens et surtout de temps, nous n’avons pas cherché à établir une quelconque comparaison avec des pratiques de participation ou de vie civique, qui existent chez la plupart de nos voisins européens. Non seulement des études nombreuses et fort bien documentées font florès, mais nous sommes convaincus que toute comparaison sortie de son contexte historique, culturel et politique est périlleux car ne relevant pas d’une approche réellement scientifique. Nous sommes cependant convaincus qu’il y a beaucoup d’enseignements à tirer de ce qui se passe et se fait ailleurs, tout comme il ne fait pas de doute que les pratiques françaises en matière de participation des habitants, méritent tout autant d’être connues de nos voisins.

Le présent rapport se décline en quatre grands chapitres.

Un premier chapitre propose une série de réflexions, à la fois théoriques et pratiques qui, à notre point de vue, sont nécessaires afin de bien situer la question de la participation dans le contexte politique et administratif du moment. Certaines prises de position pourront heurter ou sembler trop extérieures aux finalités assignées à cette mission. Elles nous ont cependant paru nécessaires. Nous sommes certains que le développement de la "participation habitante" ne peut se faire ni se comprendre, hors du terrain politique national et local. Ce même chapitre propose une définition simple et opérationnelle de la participation et décline quelques-unes des conditions générales, indispensables à sa réussite.

Le deuxième chapitre est centré sur l’histoire - critique - de la participation des habitants dans le domaine du logement. Il nous a semblé utile de la présenter d’une manière assez complète car elle est susceptible d’enseignements et de généralisations applicables à de nombreuses autres politiques publiques et notamment à toutes celles qui concernent très directement la vie quotidienne des personnes.

Le troisième chapitre, le plus concret et opérationnel, est consacré aux bonnes pratiques recensées et aux préconisations ou propositions que nous croyons devoir faire pour que la participation des habitants à la vie publique fasse partie intégrante de la vie démocratique. Parmi les idées avancées, certaines peuvent paraître étrangères aux finalités attendues de cette mission et dépasser le cadre étroit des opérations de renouvellement urbain. Il nous est apparu cependant qu’elles devaient quand même être formulées car, pour les citoyens, leur implication dans la vie publique suit rarement les découpages administratifs ou les contours ministériels. Nous avons cependant essayé de distinguer entre ce qui nous paraît relever du domaine législatif ou simplement plus général et ce qui devrait relever directement de la politique de la ville, qu’elle se situe au niveau de l’État ou plus simplement de l’action locale.

Enfin, une conclusion s’essaye à dégager une philosophie générale d’une mission de ce type. L’annexe donne la liste pratiquement exhaustive des personnes rencontrés, lors de réunions collectives ou d’entretiens individuels.

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